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Archive for January, 2017

Le PDG d’Air France-KLM en a certainement fait rêver, des passagers, quand il a annoncé en novembre la possibilité d’installer des couchettes dans les soutes des Airbus A340 dédiés à la nouvelle compagnie Boost. De là à les y faire dormir pendant les vols long-courriers, il y a une équation économique et technique quasiment impossible à résoudre. Le kit de couchettes à installer en soute cargo des A330/340 à la place de conteneurs existe bel et bien sur le catalogue de Zodiac Aerospace. Offrant six couchettes, le « crew rest compartment », cet espace de repos prévu à l’origine pour l’équipage, coûte près de 1,5 million de dollars et pèse 1,4 tonne. C’est là que le bât blesse. Le sommeil des directeurs financiers des compagnies aériennes pourrait devenir difficile. Pour être crédible, il faut en effet proposer au moins une douzaine de couchettes aux passagers. Installer ces équipements sur des avions arrivant à mi-vie comme les A340 d’Air France semble difficile à amortir. De plus, en même temps que le budget dépenses va augmenter, les recettes vont diminuer. Ces espaces de repos vont prendre la place en soute de deux palettes de fret chacun. Or, en moyenne, 10 % du chiffre d’affaires d’un vol sont amenés par l’activité cargo. Dernière contrainte, ces trois tonnes de « crew rest compartments » vont pénaliser en permanence la charge marchande de l’avio . L’exploitant devra alors choisir entre du carburant ou des passagers en moins. Cela ne serait pas très bon non plus pour les comptes d’Air France, qui n’a pas besoin de cela. Cette douzaine de couchettes ne permettrait pas d’embarquer des passagers supplémentaires. En effet, ceux-ci ne pourraient y prendre place lors des décollages et des atterrissages. Les règles de sécurité et de certification des avions imposent que les passagers puissent évacuer en moins de 90 secondes, ce qui serait impossible par les escaliers très raides donnant accès à la soute. En dehors des premières classes et des classes affaires, où l’espace est moins compté, des solutions pragmatiques ont été expérimentées pour offrir une position allongée aux passagers en classe économique. Ainsi, quand un avion est peu rempli, les passagers n’hésitent pas à s’allonger sur trois, voire quatre sièges contigus. Air New Zealand commercialise ainsi sur Londres-Los Angeles-Auckland une offre « SkyCouch », qui comporte des supports comblant l’espace entre deux rangées de sièges. Air Austral vient d’installer ces équipements extra-couchettes sur ses B777 entre Paris et La Réunion moyennant 150 euros de supplément pour un adulte (de très petite taille) accompagné de deux enfants, qui disposent alors d’un espace de 1,50 m de long. Air China et Air Astana ont aussi fait ce choix pour leurs classes économiques. Mais on peut toujours rêver à la solution miracle qui permettrait à de nombreux passagers de voyager allongés à tarif raisonnable. Source: séminaire Londres.

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